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10.09.2020

RÈGLEMENTATION

RE 2020 : vers une révolution culturelle

Et si à l’énergie, s’ajoutait le carbone ? C’est le sens de la nouvelle réglementation RE 2020, dont l'enjeu majeur va consister à diminuer significativement les émissions de carbone du bâtiment.

RE 2020

Energie et carbone

C’est bien une rupture intellectuelle que préfigure la RE 2020. Depuis 1974 et le premier choc pétrolier, l’Etat a encouragé, par des réglementations successives, la réduction des consommations énergétiques des bâtiments.

A chaque nouvelle édition de la RT (1974, 1982, 1989…), les ambitions ont été renforcées, et de nouveaux postes visés. Ainsi, les premiers textes ne concernaient que l’isolation, mais les équipements techniques ont été inclus à partir de 1989.

La RT 2012, dernière en date, a introduit une notion nouvelle, l’étanchéité à l’air, et un plafond symbolique en maison individuelle, celui des 50 kWh/(m².an).

L’Etat aurait pu, pour la RT suivante, choisir de conserver la même orientation, et de renforcer encore les exigences.

Mais passer de 50 à 15 kWh/(m².an), le niveau des constructions passives, nécessite un saut technologique important pour un gain relatif somme toute modeste.

Par ailleurs, l’enjeu s’est déplacé : il ne s’agit plus, comme lors des chocs pétroliers des années 70, de réduire la dépendance aux énergies venues de l’extérieur, ni de diminuer la facture des Français.

L’heure est à la lutte contre le réchauffement climatique et à la chasse aux émissions de CO2.

Au facteur énergétique, la RE 2020 associera donc une dimension carbone, ce qui placera la France parmi les pays pionniers en la matière.

Maison verte

De la RT 2012 à la RE 2020

Prévue initialement à partir du 1er janvier 2021, la nouvelle réglementation RE 2020 a vue son entrée en vigueur décalée de quelques mois suite à la pandémie de Covid-19. Elle devrait désormais s’appliquer en deux temps entre l’été 2021 et le début 2022.
La RE 2020 va représenter une réelle avancée sur le plan de la défense environnementale. Il ne s’agira plus d’appliquer une simple réglementation thermique comme à l’époque de la RT 2012 mais principalement de faire suite aux engagements climatiques pris par la France lors de la COP21.

La RE 2020 se positionne donc résolument dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique en ciblant le bâtiment comme levier d’action principal.


Maîtrise de l’énergie et confort d’été

Côté énergétique, les premiers documents sortis s’inscrivent dans la continuité de la précédente réglementation.

Le besoin énergétique (Bbio) s’exprime toujours en points, couvrant chauffage, refroidissement et éclairage artificiel. La Cep (consommation d’énergie primaire conventionnelle) demeure, avec en plus la Cep,nr (mesurant la consommation de non renouvelable) et le RCR (ratio de chaleur renouvelable).

La RE 2020 met davantage l’accent sur une notion trop timide dans la RT 2012 : le confort d’été. La brutalité du réchauffement climatique rend en effet indispensable la conception de bâtiments résilients aux fortes températures estivales.

La RE 2020 introduit ainsi un nouveau coefficient, baptisé DH (pour degrés-heures d’inconfort). Elle valorise l’atteinte d’un DH bas sans recours à la climatisation, via des matériaux à forte inertie, des protections solaires, l’orientation du bâtiment.

La climatisation n’est pas pour autant interdite, mais elle devra être réintroduite dans le calcul énergétique général – et donc compensée par un effort supplémentaire sur l’enveloppe ou le système de chauffage.

Logo label E+C-

Le label E+C-, un avant-goût de la RE 2020

Dès 2018, la loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), dans la continuité du Grenelle de l’Environnement et de la COP 21, mettait en place les conditions favorables pour la construction de bâtiments à énergie positive et à bas carbone (E+ et C-).
Dans ce contexte l’état lançait le label Énergie + Carbone – appelé également label E+C-. Label expérimental, il relevait d’une démarche volontaire et préparait le terrain à la future RE 2020.
L’idée était de mettre en place un instrument reconnu par la filière et les consommateurs pour permettre aux constructeurs et promoteurs qui le souhaitaient de faire labelliser leurs constructions auprès d’un organisme certificateur.


Impact carbone

La RE 2020, préfigurée par le label E+C-, ajoute donc à ce calcul énergétique global une dimension liée au bilan carbone du bâtiment.

Cette approche repose sur l’analyse du cycle de vie (ACV) de l’ouvrage, c’est-à-dire sur l’ensemble des émissions de carbone au cours de la vie du bâtiment, de sa conception à sa démolition, selon un scénario conventionnel d’usage.

Ce calcul est assis sur les données issues des fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES) des matériaux de construction, une démarche normalisée quantifiant les implications environnementales pour une unité fonctionnelle (1 m2 d’isolant, telle quantité de béton…).

Les équipements techniques (électricité, électronique, génie climatique) n’échappent pas à cette règle, le calcul se fondant sur le PEP ecopassport.

Les choix constructifs s’articuleront donc de façon globale, pour entrer dans les clous du calcul réglementaire. Les industriels dans l’ensemble des familles de produits ont lancé des démarches visant à réduire leur impact carbone. Une baisse en apparence faible peut donner un avantage compétitif décisif dans le cadre d’un calcul d’ensemble !

Choix des énergies, une polémique électrique

Reste la question du choix de l’énergie principale. La RT 2012 avait introduit un coefficient de 2,58 pour l’énergie électrique, qui de fait pénalisait lourdement son usage : pour respecter le plafond de 50 kWh/(m2.an) en énergie primaire avec un bâtiment chauffé à l’électricité, il aurait fallu des niveaux de performance de l’enveloppe dissuasifs économiquement.

Or, ce coefficient devrait être abaissé à 2,3 dans la prochaine réglementation. Les exigences renforcées concernant l’enveloppe diminueront les besoins de chauffage, et la prise en compte du carbone favorisera par ailleurs l’énergie électrique française, d’origine nucléaire.

Beaucoup s’inquiètent donc d’un retour significatif du chauffage électrique dans les logements neufs, au détriment des systèmes par boucle d’eau chaude, et la bataille s’intensifie auprès des Pouvoirs publics. Les réponses définitives ne devraient plus trop tarder !